20 août 2026
Les prix de l’or ont-ils touché un plancher ? La hausse des rendements à longue échéance constitue un vent contraire, mais la forte demande des banques centrales soutient le rôle du métal comme position de base en portefeuille.
À l’image du contexte macroéconomique mondial, l’or a connu une année 2026 mouvementée. Après avoir brièvement dépassé 5 500 USD/oz en janvier, le métal précieux a reflué jusqu’à passer sous 4 000 USD/oz en juin, avant de se stabiliser. Cela soulève naturellement la question : les prix de l’or ont-ils désormais touché un plancher ? Nous pensons que la réponse est un « oui, sous réserve », la hausse à venir étant probablement progressive plutôt qu’explosive. La principale entrave à un rebond plus marqué est la hausse des rendements obligataires à longue échéance, qui constitue un obstacle majeur. Néanmoins, nous estimons que la forte demande d’or des banques centrales justifie de le maintenir comme position de base dans les portefeuilles multi-actifs.
Pour comprendre où se dirige l’or, il faut examiner les principaux moteurs qui façonnent sa trajectoire, à commencer par sa source de soutien structurel la plus solide : les achats du secteur officiel.
Demande des banques centrales – l’ancrage structurel
L’enquête 2026 du World Gold Council sur les réserves d’or des banques centrales montre que 89 % des banques centrales s’attendent à une hausse des réserves d’or des banques centrales mondiales au cours de l’année à venir, et qu’un record de 45 % prévoit d’augmenter ses propres avoirs. Nous anticipons la poursuite de cette tendance à une plus grande diversification des réserves via l’or, ce qui soutient une source de demande qui demeure robuste.
Si la demande des banques centrales offre un plancher solide à l’or face à des replis plus profonds, elle se heurte à une force contraire redoutable : la hausse des rendements obligataires.
Rendements obligataires – un obstacle potentiel
Les rendements obligataires restent le principal antagoniste de l’or, le rendement des obligations d’État américaines à 30 ans évoluant autour d’un plus haut de 19 ans après une forte hausse récente, et ce malgré la dernière annonce du Trésor américain de doubler son programme de rachats d’obligations à long terme afin de contenir les rendements. En termes réels (corrigés de l’inflation), les rendements obligataires de long terme testent des sommets depuis l’après-2008. Les inquiétudes liées à l’inflation et aux niveaux d’endettement amènent les investisseurs à exiger une prime plus élevée pour détenir des obligations de maturité plus longue, dans un contexte de hausse de plus en plus synchronisée des rendements à longue échéance sur les marchés des États-Unis, du Royaume-Uni, de la zone euro et du Japon.
Les rendements obligataires comptent pour l’or, car ils représentent le coût d’opportunité de sa détention : le rendement potentiel auquel les investisseurs renoncent en détenant ce métal précieux sans rendementSur de longues périodes, s’étendant sur plusieurs décennies, cela explique pourquoi les rendements obligataires et les prix de l’or ont entretenu une relation inverse : lorsque les rendements augmentaient et faisaient grimper ce coût d’opportunité, les prix de l’or s’assouplissaient, et inversement. La forte demande des banques centrales à partir de 2022 a éclipsé cette relation ces dernières années, mais plus récemment, cet obstacle s’est de nouveau imposé à un moment où les rendements obligataires se heurtent à des plafonds récents.
Des rendements obligataires plus élevés fixent donc un seuil d’exigence de rendement plus élevé que l’or doit franchir lorsque les investisseurs arbitrent entre les deux options.
Risque et incertitude – un vent arrière durable
En faveur de l’or, toutefois, le monde reste rempli de risques potentiels. Les tensions géopolitiques, les déficits budgétaires et les inquiétudes concernant une volatilité plus large des marchés continuent de soutenir la demande de valeurs refuges. Si l’or est loin d’être une couverture parfaite, il demeure l’un des principaux bénéficiaires de cette demande de refuge. Nous nous attendons également à ce qu’un dollar américain s’affaiblissant progressivement apporte un léger vent arrière supplémentaire.
Notre point de vue – une hausse progressive, pas un retour en fanfare
En réunissant tous ces éléments, nous voyons des arguments en faveur du maintien d’une position de base en or. Selon nous, la demande des banques centrales et la demande de valeur refuge restent solides. Surtout, le repli de l’or plus tôt cette année a purgé les positions spéculatives excessives qui avaient auparavant plafonné les gains du métal jaune. Cela dit, la hausse des rendements des obligations à longue échéance demeure sans aucun doute un frein majeur, relevant le seuil que l’or doit franchir en termes de rendement relatif.
Dans l’ensemble, nous anticipons une progression graduelle des prix de l’or, à un rythme relativement modéré, vers 4 600 USD au cours des 6 à 12 prochains mois — une trajectoire cohérente avec un monde de rendements structurellement élevés, mais une demande persistante du secteur officiel et portée par le risque. Tout bien considéré, ces dynamiques renforcent notre vision de l’or comme une position stratégique de base dans les portefeuilles multi-actifs.
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