[SMM Chromium Flash] L'industrie du chrome en Afrique du Sud met en balance la croissance des exportations de minerai et le traitement coûteux du ferrochrome.
Le secteur sud-africain du chrome reste scindé entre deux trajectoires très différentes. Les exportations de minerai de chrome sont demeurées structurellement solides en juin, à 2,404 millions de tonnes, en hausse de près de 39 % en glissement annuel, la Chine absorbant plus des deux tiers de ce volume. Les producteurs de MGP, dont Sibanye-Stillwater, Northam Platinum, Eastplats et le projet Bengwenyama de Southern Palladium, ont tous accru l’offre de minerai via la croissance de la chromite, sous-produit de leur activité. Le ferrochrome, en revanche, ne se redresse que lentement malgré des interventions concrètes — le tarif de 62 c/kWh accordé par la NERSA, le redémarrage progressif de la fonderie Lion et le retrait des licenciements prévus au titre de l’article 189. Les résultats semestriels complets de Merafe, publiés le 11 août, ont montré une production toujours en baisse de 75 % en glissement annuel, les ventes étant principalement soutenues par le déstockage et par des prix plus fermes, et non par des fonderies tournant à un niveau proche de leur capacité d’avant-crise.
Cet écart se creuse sous l’effet de plusieurs facteurs simultanés. La rupture d’un bassin de résidus survenue le 13 août à la mine de chrome Dikwena de Samancor a rappelé que même le volet exportateur de la filière, en dépit de la robustesse des données commerciales, n’est pas exempt de risque opérationnel. Plus loin, les attentes du marché international évoluent également : la société kazakhe Kazchrome a obtenu en mars une Déclaration Environnementale de Produit enregistrée pour son ferrochrome, suivant l’exemple du finlandais Outokumpu, qui avait créé un précédent dans le secteur en 2023, ce qui témoigne du poids croissant des certifications carbone vérifiées dans l’évaluation des sources d’approvisionnement par les acheteurs de ferrochrome. L’allègement tarifaire et les redémarrages de fonderies ayant suffi à enrayer le déclin du ferrochrome sans toutefois permettre un véritable retour de la croissance de la production, l’industrie sud-africaine du chrome aborde le second semestre 2026 en continuant de s’appuyer sur les exportations de minerai et le déstockage pour préserver ses revenus, alors même que le marché dans lequel elle évolue continue de se transformer.