
Cette semaine, les ports sud-africains envoient des signaux mitigés aux exportateurs de minerai de chrome et de ferrochrome. La reconnaissance récente du redressement de Durban coexiste avec une congestion réapparue au niveau des terminaux et des retards croissants sur les corridors routiers qui acheminent une grande partie du vrac minéral du pays vers la côte.
Redressement de Durban reconnu, mais les files d’attente s’allongent à nouveau
Le port de Durban, principale porte d’entrée pour les expéditions sud-africaines de minerai de chrome et de ferrochrome, a récemment été classé port le plus amélioré au monde par la Banque mondiale et S&P, avec un score de performance bondissant de 479 points en 2025. Transnet indique que ses huit ports de commerce ont traité plus de 300 millions de tonnes de marchandises au cours de l’exercice 2025/26, soit une hausse de 9 % du trafic maritime et la plus forte croissance du débit de fret depuis 2011/12.
Ces progrès n’ont pas empêché la congestion locale de refaire surface. Les données publiées sur les temps d’attente des navires suivies début juillet montrent que l’indicateur de retard de Durban est passé à environ quatre jours, contre environ deux jours la semaine précédente, tandis que Coega/Ngqura, une autre voie utilisée pour les exportations en vrac, est resté à environ cinq jours. Le Cap a par ailleurs été classé comme le port le moins performant d’Afrique du Sud dans cette même évaluation Banque mondiale/S&P qui a salué Durban.
Les retards sur les corridors et aux frontières annulent les gains portuaires
Une part importante du minerai de chrome et des concentrés sud-africains est transportée par camion vers la côte plutôt que par voie ferroviaire, ce qui rend les corridors intérieurs aussi importants que les ports eux-mêmes. Une évaluation commandée par Trademark Africa a révélé que l’amélioration des performances de Durban ne se traduit pas par des temps de transit de bout en bout plus rapides, car les postes frontaliers le long du corridor Nord-Sud restent un goulot d’étranglement persistant.
Début juillet, les temps moyens de passage aux frontières sud-africaines se sont dégradés d’environ 23 % d’une semaine à l’autre, pour atteindre environ 9,6 heures, même si Lebombo (le principal poste frontière du corridor de Maputo utilisé pour le chrome à destination du port de Maputo) a vu les volumes de camions diminuer légèrement et les temps d’attente s’améliorer. Plus au nord, la congestion au poste de Kasumbalesa vers la RDC a réduit de plus de moitié le nombre quotidien de véhicules dédouanés, illustrant comment la capacité frontalière régionale, et pas seulement le débit portuaire, détermine les délais de livraison réels pour les exportateurs africains de minéraux.
Réponse en matière d’investissement et de réforme
Le ministère sud-africain des Transports a prolongé de six mois, jusqu’en janvier 2027, le mandat du conseil de redressement de Transnet, afin de disposer de plus de temps pour finaliser la nomination d’un conseil permanent et poursuivre le plan de relance du groupe logistique public. Le terminal à conteneurs Durban Container Terminal Pier 2, le plus grand du port, va bénéficier d’un investissement de 11 milliards de rands de la part de l’entreprise philippine ICTSI, dans le cadre de l’ouverture plus large de Transnet à l’exploitation privée des terminaux. Le Cap a également étendu la participation privée, neuf de ses onze terminaux étant désormais exploités par le secteur privé.
Côté itinéraires alternatifs, Maputo a lancé le premier système communautaire portuaire du Mozambique, une plateforme numérique destinée à interconnecter armateurs, douanes, transporteurs et autres usagers portuaires au sein d’un système unique. S’il est mis en œuvre efficacement, il pourrait renforcer la position de Maputo comme porte de sortie alternative pour le chrome sud-africain transitant par le corridor de Maputo, bien que les responsables soulignent que l’avantage dépendra de l’exécution plutôt que de la seule existence de la plateforme.
Enjeux pour le commerce du chrome et du ferrochrome
En résumé : les classements mondiaux témoignent d’un véritable redressement de Transnet, mais les données de congestion hebdomadaires et la dégradation des temps de passage aux frontières indiquent que les exportateurs de chrome et de ferrochrome devraient encore prévoir des délais d’acheminement variables, en particulier pour le fret destiné au corridor de Maputo, plutôt que de considérer que les améliorations portuaires visibles ont pleinement résolu les contraintes logistiques à l’exportation de l’Afrique du Sud.
NOTE : Compilé par SMM Afrique (bureau de Zambie) à partir de Business Day, de la mise à jour logistique d’EWC (Exportateurs du Cap occidental) et des données de performance portuaire de Transnet/Banque mondiale-S&P. Les chiffres reflètent les informations publiques les plus récentes disponibles au 22 juillet 2026 et sont susceptibles d’évoluer en fonction des mises à jour publiées par Transnet et les autorités des corridors.![[SMM Actualités Chrome]](https://imgqn.smm.cn/usercenter/LYGyd20251217171725.jpg)
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