31 mars 2026
a nettement reculé ces dernières semaines, mais pour Wells Fargo, cela change apparemment peu la perspective de long terme. La banque américaine a réaffirmé sa vision positive sur le métal précieux et a sensiblement relevé son objectif de prix pour l’année en cours. Selon ses analystes, l’or reste soutenu par les mêmes facteurs qui ont alimenté la forte hausse de 2025 : la baisse des taux d’intérêt, la poursuite des achats des banques centrales et un environnement géopolitique incertain.
Wells Fargo s’oppose donc clairement aux craintes selon lesquelles le récent repli des prix pourrait déjà marquer le début d’un marché baissier. Depuis le début du mois de mars, l’or a perdu plus de 15 %. Après avoir atteint un sommet historique de près de 5 600 dollars l’once à la fin janvier, le cours évolue désormais seulement autour de 4 500 dollars. Pour de nombreux intervenants de marché, cette correction semblait suffisamment marquée pour remettre en cause la durabilité de la précédente tendance haussière. Wells Fargo interprète toutefois ce mouvement différemment : comme un vent contraire de court terme dans un cadre structurel qui reste intact.
Wells Fargo voit avant tout une pression temporaire sur l’or
Selon l’évaluation de la banque, le recul actuel de l’or est principalement lié à des facteurs pesant à court terme. Les inquiétudes inflationnistes liées au conflit en cours au Moyen-Orient sont au premier plan. La hausse des prix de l’énergie a conduit le marché à revoir ses anticipations de baisses imminentes des taux. Dans le même temps, une partie des capitaux en quête de valeurs refuges ne s’est pas dirigée vers l’or, mais vers le dollar américain renforcé et des alternatives rémunératrices comme les obligations.
Du point de vue de Wells Fargo, cela ne traduit pas une rupture fondamentale du sentiment à l’égard de l’or, mais plutôt un déplacement temporaire des flux de capitaux. Le métal précieux ne s’est pas affaibli parce que ses soutiens de long terme se seraient effondrés, mais parce que d’autres actifs refuges paraissaient plus attractifs à court terme. De telles phases ne sont pas inhabituelles sur le marché de l’or, surtout lorsque des rendements élevés et un dollar ferme dominent l’environnement.
Wells Fargo qualifie même cette configuration d’« opportunité tactique ». Cette analyse repose sur l’hypothèse que la pourrait de nouveau s’atténuer plus tard dans l’année. Lorsque cet effet se matérialisera, la banque estime que les forces qui avaient auparavant porté l’or à la hausse regagneront en vigueur. Avant tout, la baisse des taux d’intérêt à court terme et la poursuite de la demande stratégique pour des instruments de couverture reviendraient alors au premier plan.
L’or devrait s’échanger nettement plus haut d’ici la fin de l’année
La nouvelle prévision de Wells Fargo pour l’or est particulièrement frappante. La banque anticipe un potentiel de hausse supplémentaire dans les mois à venir et voit le prix en fin d’année dans une fourchette comprise entre 6 100 et 6 300 dollars l’once. Par rapport au niveau actuel, cela correspondrait à une hausse d’environ 35 % à 40 %. Dans le même temps, cette estimation se distingue nettement de la fourchette cible précédente de la banque, qui se situait entre 4 500 et 4 700 dollars.
Pour l’or, cette révision à la hausse signifie que Wells Fargo considère non seulement la correction comme gérable, mais l’interprète apparemment même comme un point d’entrée favorable dans la tendance de fond. Le raisonnement va au-delà des taux d’intérêt et des achats des banques centrales. Selon la banque, un facteur supplémentaire important est ce qu’elle appelle des « surprises politiques accélérées ». Cela inclut les droits de douane et les mesures de déréglementation, qui pourraient accroître l’incertitude sur les marchés et ainsi stimuler la demande d’or comme valeur de couverture.
Cela s’inscrit dans l’argument plus large selon lequel l’or est soutenu par des forces qui ne dépendent pas uniquement du sentiment des investisseurs à court terme. Selon cette lecture, les achats des banques centrales, les risques géopolitiques et la perspective de taux plus bas créent une base que même des replis plus marqués ne détruisent pas automatiquement. Dans le modèle de la banque, la récente baisse des prix apparaît donc davantage comme une interruption que comme un renversement de tendance.
Les facteurs structurels restent déterminants pour l’or
Wells Fargo souligne que l’or est avant tout soutenu par des facteurs structurels. Cela inclut d’abord la perspective de taux d’intérêt plus bas. Même si le marché met temporairement cette attente de côté, elle reste un moteur central pour la banque. Ensuite, Wells Fargo met en avant les achats des banques centrales, qui ont déjà joué un rôle clé en 2025. Enfin, l’incertitude géopolitique demeure un thème susceptible de soutenir l’or indépendamment du sentiment de marché à court terme.
C’est précisément cette combinaison qui fait que l’or continue d’apparaître attractif du point de vue de la banque. Si des revers à court terme peuvent être provoqués par les rendements, la vigueur du dollar ou les prix de l’énergie, les principaux moteurs restent actifs en arrière-plan. Cela explique aussi pourquoi Wells Fargo n’a pas affaibli sa position haussière malgré la correction marquée, mais l’a au contraire renforcée.
La banque n’est pas la seule à partager cette évaluation. JPMorgan et UBS évoluent désormais elles aussi dans une fourchette cible similaire de 6 000 à 6 300 dollars l’once dans leurs prévisions pour l’or. Cela montre qu’une vision se consolide de plus en plus parmi les grandes institutions : les replis ne sont pas considérés comme la fin du mouvement haussier, mais comme une poursuite volatile de la tendance principale.
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