[SMM Express] Plus de six semaines après que le ministre zimbabwéen des Mines, le Dr Polite Kambamura, a promis « très bientôt » de déployer des interventions ciblées pour le secteur du chrome — dont un modèle de traitement à façon permettant aux petits exploitants de faire traiter leur minerai moyennant redevance plutôt que de le vendre à des fonderies étrangères — les producteurs de chrome affirment attendre encore. S'exprimant lors d'une visite technique des médias à Prospect Lithium Zimbabwe à Goromonzi le 17 juillet, M. Kambamura a présenté la valorisation du lithium comme une réussite politique, citant le premier sulfate de lithium produit localement au Zimbabwe, exporté depuis l'usine d'Arcadia en avril, ainsi que d'autres unités de traitement du lithium en construction à Kamativi et Sinomine Bikita. Le chrome, en revanche, a été évoqué dans la même discussion comme le secteur où ce modèle n'a pas encore pris racine pour les petits producteurs.
Shelton Lucas, directeur du développement commercial chez Naivo Mining — qui exploite des projets de chrome, d'antimoine et de tungstène à Mashava, Ngezi et Kadoma, et qui préside également la Chrome Miners Association of Zimbabwe — a déclaré que son entreprise ne parvient toujours pas à capter la valeur de son chrome brut. « Pour notre chrome brut, nous sommes désormais contraints de vendre à des fonderies chinoises locales qui nous sous-paient », a-t-il dit, ajoutant que, contrairement à l'antimoine, pour lequel il dispose des moyens de construire une unité de valorisation, le coût des infrastructures de traitement du chrome reste prohibitif. Ses propos font écho à des inquiétudes exprimées début juin, lorsqu'il décrivait les prix d'achat locaux du minerai de chrome — alors autour de 70 $ US la tonne, contre des valeurs CIF Chine plusieurs fois supérieures — comme reflétant un « régime de prix prédateur ». À l'époque, M. Kambamura avait évoqué un fonds existant de la MMCZ destiné à renforcer les capacités des petits producteurs de chrome et annoncé qu'il dévoilerait bientôt des mesures, dont le traitement à façon via des installations liées à l'État telles que ZimAlloys.
Les perspectives minières globales du Zimbabwe restent solides : la Chambre des mines prévoit une croissance sectorielle de 10 % pour 2026, avec des recettes d'exportation pouvant atteindre 7,5 à 11 milliards de dollars américains, et le ministère a par ailleurs esquissé des projets de pôles régionaux de valorisation qui permettraient aux zones chromifères de se spécialiser dans le ferrochrome et les alliages de chrome. Mais l'écart entre cette ambition nationale et le vécu des petits producteurs de chrome, qui continuent de vendre leur minerai brut à un nombre restreint d'acheteurs-fondeurs locaux plus de six semaines après l'annonce d'un soutien, illustre un thème récurrent de la politique de valorisation zimbabwéenne : annonces politiques et mise en œuvre sur le terrain n'avancent pas toujours au même rythme, alors même que l'exemple phare du gouvernement — le lithium — démontre à quoi peut ressembler une filière de valorisation pleinement réalisée.

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