La chaîne d'approvisionnement de fabrication de batteries en Inde reste fortement dépendante des importations à chaque étape, depuis les intrants minéraux bruts jusqu'à la production de cellules, la capacité nationale couvrant moins de 1 % de la demande à court terme. En 2026, l'Inde ne disposait que de 2 GWh de capacité de fabrication de cellules lithium-ion mises en service, contre un pipeline de demande d'environ 260 GWh généré par des appels d'offres concurrentiels sur la même période – un écart qui reflète une exposition structurelle plutôt qu'un déficit temporaire dans le déploiement du stockage d'énergie du pays.
En amont, les matières premières critiques – lithium, cobalt, nickel et graphite – sont approvisionnées avec une dépendance aux importations proche de 100 %. L'Inde dispose de réserves nationales limitées de lithium de qualité batterie et manque actuellement d'infrastructures de raffinage pour traiter ce qui est disponible, ce qui expose le pays à la totalité des prix mondiaux du lithium et des matières premières pour batteries ainsi qu'à la disponibilité des exportations en provenance des régions productrices étrangères.
Au milieu de la chaîne, les composants chimiques en amont – matériaux actifs de cathode, anodes, séparateurs et électrolytes – sont fournis presque entièrement par des fabricants chinois et coréens, y compris les intrants utilisés dans des installations qui se présentent comme des producteurs nationaux. La Chine à elle seule fournit environ 63 % à 85 %+ des importations indiennes de cellules lithium-ion et contrôle 85 % à 98 % de la capacité mondiale à chaque maillon majeur de la chaîne d'approvisionnement de batteries, ce qui signifie que même la base croissante d'assemblage de packs en Inde reste structurellement liée à un groupe restreint de fournisseurs de composants offshore.
En aval, l'assemblage de packs de batteries est le seul segment où l'Inde a développé une activité locale significative, bien que cela ne représente qu'une fraction de la valeur totale de la chaîne d'approvisionnement – le travail à forte marge et haute complexité reste concentré au niveau des cellules et des composants, où la dépendance aux importations est quasi totale. La facture totale des importations indiennes de batteries et de cellules a atteint environ 2,8 à 3,1 milliards de dollars en 2023-2024, soulignant l'ampleur de la valeur qui continue de sortir du pays au stade des cellules.
Les cellules fabriquées localement ont actuellement une surcoût de 25 % à 40 % par rapport aux importations, en raison d'une échelle de production insuffisante, de coûts de financement plus élevés et d'un écosystème national de fournisseurs de matériaux pour cellules sous-développé, ce qui oblige les fabricants indiens à s'approvisionner en matériaux précurseurs à des prix spot ou contractuels plutôt qu'aux conditions de remise sur volume dont bénéficient les producteurs étrangers verticalement intégrés. Les économies d'échelle amplifient ce problème : les installations fonctionnant autour de 5 GWh affichent un EBITDA d'environ -10 %, le seuil de rentabilité n'étant atteint qu'à près de 10 GWh et des marges positives nécessitant 20 GWh ou plus – des seuils que la plupart des 226 GWh de capacité annoncés en Inde d'ici 2035 n'ont pas encore atteints.
La stratégie de chaîne d'approvisionnement à court terme de l'Inde privilégie la localisation en aval – conteneurs de batteries, systèmes de gestion de l'énergie, infrastructure SCADA et assemblage de packs – soutenue par une exigence de contenu national de 20 % dans les appels d'offres de systèmes de stockage d'énergie par batteries à l'échelle du réseau. Porter cette exigence à 100 % augmenterait les dépenses d'investissement totales d'environ 30 % pour un système BESS de référence de 100 MW et 2 heures, mettant en évidence la tension directe entre l'accélération de la localisation de la chaîne d'approvisionnement et le maintien de la viabilité commerciale des projets de stockage.
Une feuille de route par phases définit la voie à suivre : la localisation de l'assemblage en aval et des composants est réalisable dans un délai de 0 à 3 ans ; l'augmentation de l'échelle de fabrication de cellules jusqu'au seuil de viabilité de 10 à 20 GWh s'étend sur 3 à 10 ans, avec une dépendance persistante aux technologies et intrants en amont ; et l'intégration complète de la chaîne d'approvisionnement – y compris le raffinage national des minéraux critiques et une dépendance réduite aux matériaux importés de cathode, d'anode et d'électrolyte – n'est pas attendue avant 10 à 15 ans ou plus.
Avis SMM : L'écart dans la chaîne d'approvisionnement des batteries en Inde est le plus aigu aux stades amont et milieu, où l'approvisionnement en matières premières et précurseurs reste presque entièrement offshore, indépendamment des annonces de gigafactories en aval. Ce profil structurel positionne l'Inde comme un bassin de demande à long terme substantiel pour le lithium et les matières premières de batteries, y compris les exportateurs africains de spodumène et de précurseurs, à condition que les prix et la logistique puissent concurrencer les relations d'approvisionnement établies autour des chaînes d'intrants chinoises et coréennes.

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