[SMM Stainless Steel Flash] Réforme du SEQE de l’UE : protéger les bilans de la sidérurgie lourde, tandis que les PME supportent le fardeau.
La dernière proposition de réforme du SEQE de la Commission européenne (COM(2026) 616), présentée comme une mesure de compétitivité, superpose de nouvelles couches de fonds, conditions d'investissement et obligations de déclaration à des règles ETS et CBAM déjà complexes, sans simplification significative. L'allocation gratuite de quotas pour les secteurs CBAM est prolongée jusqu'en 2038, tandis que les excédents historiques de quotas accumulés par la sidérurgie restent totalement intacts — ce qui permet aux producteurs européens de remplir leurs obligations actuelles avec des quotas précédemment alloués gratuitement, alors que les importateurs doivent fournir un capital CBAM initial. Les PME figurent dans les programmes de financement, mais ne bénéficient d'aucune exemption ni de quotas réservés. Le cas de Saarstahl illustre cette asymétrie : l'entreprise bénéficie simultanément d'excédents historiques de quotas ETS, d'une allocation gratuite prolongée, de subventions à la décarbonation, de la protection aux frontières du CBAM et de droits de douane sur l'acier, tandis que plus de la moitié de son investissement de 4,6 milliards d'euros dans l'hydrogène est financée par des fonds publics. Parallèlement, le prix de l'électricité industrielle en Allemagne pour 2026, d'environ 16,7 centimes/kWh, est revenu à son niveau de 2014, contredisant les affirmations persistantes de la sidérurgie selon lesquelles les coûts énergétiques constitueraient sa principale charge.