Comment le Kazakhstan et l'Albanie remodèlent l'offre mondiale de ferrochrome alors que la production sud-africaine est en difficulté
[SMM Express] Les exportations ferrochrome de l'Afrique du Sud ont chuté de 44,57 % en glissement annuel en juin 2026, principalement en raison des suspensions prolongées des fonderies de Wonderkop et Boshoek. Dans ce contexte, deux évolutions ailleurs sur le marché mondial du ferrochrome cette année indiquent une reconfiguration active de l'offre autour du Kazakhstan et de l'Europe.
En janvier 2026, l'albanais ALBCHROME a lancé une expansion de capacité et une modernisation de ses installations de fusion de ferrochrome, visant spécifiquement à capter la demande croissante des aciéries inoxydables européennes. Ce calendrier coïncide avec le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières de l'UE, en vigueur depuis janvier 2026, qui favorise les fournisseurs affichant des distances de transport plus courtes et une empreinte carbone intrinsèque plus faible — des critères qui avantagent structurellement un fournisseur européen comme l'Albanie par rapport à l'Afrique du Sud. Par ailleurs, en mars 2026, Glencore a proposé de soutenir l'offre de 1,4 milliard de dollars de l'homme d'affaires kazakh Shakhmurat Mutalip pour une participation de 40 % dans Eurasian Resources Group (ERG), l'un des plus grands producteurs mondiaux de ferrochrome via sa filiale Kazchrome, en offrant un prépaiement initial de 800 millions de dollars en échange de futures livraisons de ferrochrome.
La démarche de Glencore est notable étant donné la participation profonde de l'entreprise dans le ferrochrome sud-africain via la coentreprise Glencore-Merafe Chrome Venture, signalant une diversification de son exposition à l'approvisionnement en ferrochrome au-delà de l'Afrique du Sud. Avec la mine kazakhe de Bolashak qui continue de monter en puissance vers une capacité de 7,5 millions de tonnes/an de minerai de chrome et l'Albanie se positionnant pour desservir directement l'Europe, les producteurs sud-africains font face à un paysage mondial plus concurrentiel au moment où la capacité de fusion nationale sera entièrement rétablie, plutôt qu'à un marché inchangé à retrouver.