L’exposition de la Zambie à l’affaiblissement des précipitations lié à El Niño apparaît comme un risque renouvelé pour les ambitions de croissance du cuivre du pays, alors que l’hydroélectricité représente toujours la majorité de la capacité électrique installée et que les extensions minières prévues devraient nécessiter nettement plus d’électricité.
Le risque avait déjà été signalé au niveau national en juin, lorsque le ministère zambien de l’Économie verte et de l’Environnement a mis en avant des prévisions d’une nouvelle saison El Niño en 2026-2027 et a averti du risque de sécheresse, de pénuries d’eau, de baisse des rendements agricoles et d’autres défis liés au climat. Des prévisions internationales plus récentes ont depuis renforcé la perspective d’un épisode El Niño significatif à la fin de 2026 et au début de 2027.
Selon le Bulletin statistique annuel 2025 de l’Energy Regulation Board, la Zambie disposait de 4 118,71 MW de capacité de production d’électricité installée à la fin de 2025. L’hydroélectricité représentait 3 176,14 MW, soit 77,11 % de la capacité totale, suivie du charbon (8,01 %), du solaire (7,47 %), du diesel (4,73 %) et du fioul lourd (2,67 %). Ce mix de production rend la disponibilité de l’électricité particulièrement sensible aux régimes de précipitations et aux apports dans les réservoirs.
Cette exposition est importante, car la stratégie de croissance du cuivre de la Zambie nécessitera beaucoup plus d’électricité. Le pays vise une production annuelle de cuivre de 3 millions de tonnes d’ici 2031, soutenue par des extensions de mines, de nouveaux projets et des capacités de traitement supplémentaires. Des estimations du secteur indiquent qu’environ 2 000 MW de capacité électrique additionnelle seront nécessaires pour accompagner l’expansion du secteur minier et la demande industrielle associée.
El Niño constitue donc une contrainte potentielle des deux côtés de l’équation de croissance du cuivre en Zambie. Alors que l’investissement minier accroît la demande future d’électricité, un affaiblissement prolongé des précipitations pourrait simultanément limiter la production du système hydroélectrique, qui fournit actuellement plus des trois quarts de la capacité de production installée.
L’expérience de la sécheresse de 2023-2024 illustre cette vulnérabilité. La faiblesse des pluies et la baisse des apports dans les réservoirs ont fortement réduit la production hydroélectrique, contribuant à de graves pénuries d’électricité et à une dépendance accrue aux importations et aux mesures de gestion de la charge. Une répétition de conditions similaires pendant la saison des pluies 2026-2027 pourrait à nouveau tendre l’équilibre électrique, alors que la demande minière continue d’augmenter.
L’enjeu clé pour la Zambie n’est donc pas seulement d’accroître la capacité installée, mais de renforcer la résilience du système électrique. La poursuite des investissements dans le solaire, la production thermique, les importations régionales d’électricité, les infrastructures de transport et d’autres sources non hydrauliques deviendra de plus en plus importante si le pays veut protéger la croissance de la production de cuivre de la variabilité des précipitations.
Pour le marché du cuivre, le renforcement des perspectives d’El Niño ajoute un risque potentiellement important du côté de l’offre aux ambitions de production à moyen terme de la Zambie. Alors que l’hydroélectricité représente toujours 77,1 % de la capacité installée et que le secteur minier requiert environ 2 000 MW de puissance supplémentaire, la capacité à diversifier l’approvisionnement en électricité pourrait devenir un déterminant crucial de la possibilité pour la Zambie de transformer l’élargissement de son portefeuille de projets en l’objectif de 3 millions de tonnes de production annuelle de cuivre




