L'acquisition par Lithium Royalty Corp d'une redevance de 1,5 % sur le projet Goulamina offre aux capitaux occidentaux une exposition aux revenus du projet phare de spodumène du Mali, sans risque opérationnel. Mais le plafond annuel de volume de 500 000 tonnes de la redevance correspond presque exactement à la capacité actuelle de la phase I de Goulamina, ce qui signifie que toute hausse provenant de l'extension de phase II prévue par Ganfeng échappe largement au détenteur de la redevance. Lithium Royalty Corp (LRC) a conclu un accord définitif pour acquérir une redevance de 1,5 % sur les frais de vente de produits en aval (TPSF) sur le projet Goulamina de Ganfeng Lithium au Mali, achetée à Leo Lithium pour 40 millions de dollars australiens (environ 27 millions de dollars). Cette transaction élargit l'empreinte de LRC dans les métaux pour batteries au-delà de la propriété directe de mines, en s'ajoutant à une redevance existante sur le projet de saumure Mariana de Ganfeng en Argentine, au sein d'un portefeuille de 37 redevances.
1. La structure de la redevance plafonne le volume et prolonge la durée : La redevance de LRC donne droit à des paiements trimestriels sur une durée de 20 ans, la fenêtre de trésorerie s'étendant jusqu'en août 2045. Une monétisation précoce est confirmée : Leo Lithium a reçu un premier paiement trimestriel de 574 748 $ au troisième trimestre 2025. Fait crucial, le volume payable est plafonné à 500 000 tonnes par an de spodumène, un plafond qui limite l'exposition de LRC si la production de Goulamina dépasse sensiblement la capacité nominale actuelle.
2. Le volume de production et la montée en puissance sont proches du plafond : La capacité nominale de la phase I de Goulamina est de 506 000 tonnes par an de concentré de spodumène, soit juste au-dessus du plafond payable de LRC, ce qui signifie que la redevance capte déjà près de son maximum pratique au niveau de production actuel. Ganfeng a publiquement exprimé son intention de procéder à une extension de phase II qui dépasserait sensiblement la capacité actuelle, bien qu'aucun calendrier ni capacité nominale précis n'aient été divulgués. Une telle extension laisserait les flux de trésorerie liés à la redevance structurellement inchangés en raison du plafond fixe.
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3. L'état des approvisionnements reste constant depuis la première expédition : Goulamina a expédié du concentré de manière régulière depuis le début des exportations en juin 2025, la production étant vendue dans le cadre d'accords d'achat ferme à des acheteurs chinois détenant des participations majoritaires dans le projet.
4. La logistique ajoute une couche de risque distincte : Le concentré est transporté par camion sur environ 1 000 km depuis Goulamina jusqu’au port d’Abidjan, Côte d’Ivoire, le corridor d’exportation principal, tandis que San Pedro et Dakar constituent des itinéraires secondaires. Ce profil logistique terrestre diffère sensiblement des corridors ferroviaires du Zimbabwe via Beira et Durban, introduisant une exposition distincte aux coûts et aux délais pour le matériel d’origine malienne.
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Corridor |
Mode |
Distance |
Rôle |
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Goulamina → Abidjan |
Camion |
≈1 000 km |
Route d’exportation principale |
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Goulamina → San Pedro |
Camion |
Corridor secondaire |
Port de chargement alternatif |
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Goulamina → Dakar |
Camion |
Corridor secondaire |
Port de chargement alternatif |
5. La structure de propriété lie les rendements à l’environnement politique : Ganfeng détient 65 % de Goulamina, le gouvernement malien détenant les 35 % restants conformément au code minier révisé du pays. Cette répartition de la propriété lie la performance des redevances non seulement à l’économie de la production, mais aussi à la position fiscale et réglementaire évolutive du Mali à l’égard des actifs miniers exploités par des étrangers.
Point de vue SMM : Le plafond de redevance, qui se situe presque exactement au niveau de la capacité de la phase I, est un détail structurel à signaler pour la couverture du lithium africain : LRC obtient une exposition quasi totale à la production actuelle, mais ne devrait capter que peu du potentiel de hausse supplémentaire si et lorsque la phase II portera la capacité au-delà des niveaux de conception actuels. Cette opération se présente donc comme une manière disciplinée et à moindre risque d’obtenir une exposition au spodumène malien, mais dont le profil de rendement réel reste largement inférieur à la trajectoire de croissance potentielle du projet. Pour le suivi continu de SMM, les signaux les plus exploitables sont la confirmation du calendrier et des spécifications de la phase II de Ganfeng, et la question de savoir si la logistique du corridor d’Abidjan est confrontée au type de congestion qui limite déjà les flux de concentrés zimbabwéens, l’un ou l’autre de ces éléments pouvant redéfinir les hypothèses de volume et de marge qui sous-tendent cette transaction de type redevance et les futures opérations similaires dans la région.

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