10 juin 2026
Le a déclenché un signal d’alarme technique en passant sous sa moyenne mobile à 200 jours. Si les prochaines données d’inflation américaines renforcent les attentes de taux d’intérêt durablement élevés, les observateurs du marché préviennent que le métal précieux pourrait subir une correction prolongée jusqu’à 4 000 $ l’once. Bien que la dynamique à court terme soit clairement affaiblie, de nombreux observateurs estiment que la thèse d’investissement structurel à long terme pour l’or reste intacte.
Accélération des ventes techniques
Après l’échec du cours de l’or à s’établir durablement au-dessus des 4 500 $, le passage sous la moyenne mobile à 200 jours, étroitement surveillée, a sensiblement intensifié la pression vendeuse. Les analystes de FOREX.com, par exemple, considèrent que cela a durablement dégradé le graphique à court terme. Le prochain support clé est désormais une ligne de tendance haussière de long terme vers 4 230 $, suivie des plus bas annuels de mars autour de 4 100 $.
Si cette zone cède à son tour, le marché manquera de solides supports techniques, rendant probable un repli vers le seuil psychologique important des 4 000 $. Un regard sur le scénario de septembre 2023 souligne la pertinence de ce signal : à l’époque, le prix avait chuté de 5 % supplémentaires après avoir enfoncé la moyenne mobile à 200 jours. Le contrôle des baissiers se jouera donc principalement dans la zone clé entre 4 230 $ et 4 100 $.
L’inflation américaine et une Fed restrictive pèsent
Le principal vent contraire fondamental pour le métal précieux sans rendement provient de la américaine. Le prochain indice des prix à la consommation américain est très attendu, avec une inflation sous-jacente prévue en hausse de 2,9 % sur un an. Une donnée plus forte que prévu renforcerait les anticipations que la Réserve fédérale devra maintenir ses taux élevés plus longtemps, ce qui raffermirait le dollar et pèserait sur l’or via la hausse des coûts d’opportunité (rendements des obligations du Trésor).
D’autres analystes anticipent également une volatilité persistante assortie d’une tendance baissière modérée à court terme, compte tenu de la robustesse du marché du travail américain et des pressions inflationnistes persistantes. Tant que les rendements obligataires restent élevés et que les espoirs de baisse des taux s’amenuisent, seuls des bouleversements géopolitiques majeurs pourraient inverser cette tendance macroéconomique.
Les moteurs structurels soutiennent les perspectives à long terme
Malgré les perspectives sombres à court terme, les experts conseillent de ne pas perdre de vue la perspective à long terme. Ils soulignent la diversification continue des réserves des banques centrales mondiales, ces dernières augmentant leurs avoirs en or pour réduire spécifiquement leur dépendance au dollar américain. De plus, la dette publique en forte hausse, les risques budgétaires dans les grandes nations industrialisées et l'instabilité géopolitique agissent comme des moteurs de demande fiables et stratégiques.
Dans ce contexte, il est souligné que la thèse d'investissement fondamentale reste intacte. Les risques systémiques dans le système financier mondial et les pressions inflationnistes réelles persistent. Deux horizons temporels différents s'opposent donc actuellement sur le marché de l'or : tandis que le tableau technique et l'environnement des taux d'intérêt indiquent de nouvelles turbulences à court terme, l'or reste soutenu à long terme par les achats des banques centrales et les risques monétaires systémiques.
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