2 juin 2026
Le nombre magique vacille, mais il tient : le peine actuellement à franchir la barrière techniquement et psychologiquement cruciale des 4 500 dollars l'once. Bien que le métal précieux reste en territoire positif, un marché du travail américain étonnamment robuste crée d'importants vents contraires économiques. Pour les investisseurs en matières premières, la question clé est désormais : l'or ne fait-il que rassembler ses forces à ces niveaux élevés en vue de la prochaine percée, ou l'économie américaine fournit-elle à la Réserve fédérale le prétexte idéal pour une politique de taux d'intérêt plus restrictive ?
Les données JOLTS dépassent largement les prévisions
Le dernier rapport JOLTS (Job Openings and Labor Turnover Survey) du ministère américain du Travail a envoyé un signal sans équivoque aux marchés : la demande de main-d'œuvre aux États-Unis est en plein essor. Au lieu de la stagnation à 6,87 millions d'offres d'emploi pour avril que les économistes avaient anticipée par consensus, le chiffre a bondi à 7,62 millions. Il ne s'agit pas seulement d'un bond massif par rapport au chiffre de mars (6,89 millions), mais aussi d'une augmentation substantielle d'environ un demi-million de postes disponibles par rapport à avril 2025.
Un examen plus approfondi des secteurs révèle une dynamique économique à deux vitesses : alors que le nombre d'offres d'emploi dans les services professionnels et aux entreprises a fortement augmenté, le secteur de la finance et de l'assurance a enregistré des baisses notables.
Focus sur la politique de la Fed : vents contraires pour le métal précieux sans rendement
Malgré ces données extrêmement solides, il n'y a pas eu de réaction de choc immédiate sur le marché de l'or. L'or au comptant s'est récemment maintenu à 4 502,90 dollars l'once, affichant un gain journalier modéré. Toutefois, le métal précieux n'a pas réussi à effectuer une percée décisive à la hausse.
Pour les analystes, le danger est évident : un marché du travail aussi résilient donne à la (Fed) la marge de manœuvre nécessaire pour éviter d'être contrainte à un assouplissement monétaire prématuré dans la lutte contre l'inflation. Dans ce contexte, même une nouvelle hausse des taux d'intérêt d'ici la fin de l'année revient au centre de l'attention des traders. Étant donné que la hausse des taux d'intérêt augmente le coût d'opportunité des investissements non rémunérés comme l'or, le cours subit automatiquement une pression.
Conclusion : l'impasse perdure
À court terme, la zone autour des 4 500 dollars reste la zone clé absolue. Tant qu'il n'y a pas d'achats dynamiques de suivi pour confirmer ce niveau comme un support solide, la prudence est de mise. Le marché de l'or est pris entre les préoccupations persistantes liées à l'inflation et la perspective de taux d'intérêt durablement élevés. Les semaines à venir montreront si le rapport JOLTS n'était qu'une anomalie statistique ou s'il marque le début d'une réévaluation de la politique de la Fed.
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