Selon les données de SMM, durant la première semaine de la haute saison traditionnelle du « Golden March » (du 2 au 6 mars 2026), le contrat à terme sur l’acier inoxydable le plus échangé (SS2604) a affiché une forte tendance d’oscillation à des niveaux élevés. Cette dynamique a été portée par la résonance des turbulences géopolitiques internationales et par l’orientation donnée par les politiques macroéconomiques de la Chine. À la clôture de 10 h 15 le 6 mars, le contrat s’est établi en hausse à 14 235 yuans/t (env. 2 063 $/t), soit +85 yuans/t (env. +12 $/t) (+0,60 %) par rapport à la clôture de vendredi dernier à 14 150 yuans/t (env. 2 051 $/t). Le marché de cette semaine a été marqué par des « attentes fortes mais une réalité faible ». Une crise soudaine des chaînes d’approvisionnement mondiales et des coûts des matières premières fermes ont fourni un plancher solide aux valorisations. Toutefois, des stocks au comptant élevés et la pression imminente liée à la reprise de la production ont maintenu une approche prudente lors des tentatives de franchissement haussier.
Macroéconomie : une « super semaine macro » définie par la géopolitique et le soutien des politiques publiques
Sur le plan macroéconomique, il s’est indéniablement agi d’une « super semaine macro », avec des signaux exceptionnellement forts en provenance de la Chine et des marchés mondiaux. À l’international, un « cygne noir » géopolitique est apparu : l’Iran a affirmé que le détroit d’Ormuz était fermé et a menacé de frapper les navires de passage. Cet événement extrême a immédiatement ravivé les craintes d’une crise des chaînes d’approvisionnement mondiales et d’une envolée des anticipations énergétiques. Des responsables de la Réserve fédérale américaine ont ensuite exprimé leurs inquiétudes quant aux effets de contagion du conflit et à un possible rebond de l’inflation, refroidissant nettement les attentes de baisses de taux. Cependant, sur le marché des matières premières, des opérations motivées par la « couverture contre l’inflation » et les « perturbations des chaînes d’approvisionnement » ont relevé la prime globale du secteur des métaux de base.
En Chine, le rapport d’activité du gouvernement présenté lors des « Deux Sessions » a fixé l’objectif de croissance économique 2026 à 4,5 %-5 %. Il a explicitement proposé de recourir à la régulation des capacités et à l’élaboration de normes pour corriger en profondeur la concurrence « involutionnaire » (à somme nulle, acharnée). Cette orientation politique apporte un soutien solide, tiré par les anticipations, à l’optimisation de l’offre dans l’industrie manufacturière traditionnelle chinoise.
Fondamentaux : stocks proches d’un pic, affrontement imminent entre l’offre et la demande
Sur le plan des fondamentaux, les stocks sociaux montrent des signes précoces de plafonnement, même si le marché devra bientôt faire face à l’épreuve d’une offre en forte hausse. Les dernières données de SMM montrent que les stocks sociaux s’établissent à 1,0164 million de tonnes cette semaine, en légère hausse de seulement 300 tonnes par rapport aux 1,0161 million de tonnes de la semaine dernière. L’accumulation saisonnière des stocks autour de la Fête du Printemps est pleinement conforme aux habitudes du secteur et reste dans les attentes du marché. Les négociants n’ont pas eu recours à des ventes paniques, ce qui maintient la pression sur les stocks à court terme à un niveau gérable.
Cependant, un changement se profile du côté de l’offre. La baisse de production due à la maintenance concentrée des aciéries chinoises en février touche à sa fin. À mesure que les usines entrent en mars dans une phase de reprise concentrée, la production planifiée devrait fortement augmenter. Cette poussée de l’offre entrera en collision frontale avec la reprise de la demande durant la période « mars doré et avril argenté », entraînant une recomposition par phases de la dynamique offre-demande du marché.
Coûts : une résilience haussière robuste établit un plancher solide
Du côté des coûts, les matières premières ont continué d’afficher une solide résilience haussière, établissant une base ferme pour les prix des contrats à terme. Portés par les répercussions persistantes des quotas de minerai de nickel indonésien et des informations sur les primes, les prix des matières premières ont augmenté sur l’ensemble du marché cette semaine. Au 6 mars, les cotations de la fonte de nickel (NPI) de haute qualité ont grimpé à 1 088 yuans/mtu (env. 158 $/mtu), et les prix du ferrochrome à haut carbone ont été relevés à 8 600 yuans/50 mt (env. 1 246 $/50 mt).
Bien que les principales aciéries affichent actuellement une faible acceptation des prix élevés du NPI et restent prudentes dans leurs achats — ce qui se traduit par peu de transactions effectives sur le marché —, le segment des matières premières dispose de très peu de marge pour céder sur les prix, dominé par les anticipations de tension sur l’approvisionnement en minerai et un sentiment haussier. La hausse régulière des coûts au comptant a efficacement plafonné le risque de baisse des prix de l’acier inoxydable.
Perspectives et stratégie
En conclusion, le marché de l’acier inoxydable a cette semaine cherché un équilibre au milieu d’un bras de fer intense entre « primes géopolitiques + soutien des coûts » et « stocks d’un million de tonnes + attentes de reprise de la production ». Les évolutions macroéconomiques déclenchées par la crise du détroit d’Ormuz, conjuguées à la volonté des « Deux Sessions » en Chine de freiner la concurrence destructrice, ont insufflé une immense confiance aux haussiers quant au sentiment macroéconomique
À l’approche de la semaine prochaine, le marché entrera pleinement dans une phase de retour à la réalité de la haute saison du « Mars doré ». L’attention se déplacera vers la mise en œuvre effective des reprises de production des aciéries en mars et le rythme auquel les utilisateurs finaux en aval absorberont d’importants volumes de commandes. À court terme, les prix des contrats à terme devraient rester fortement volatils à des niveaux élevés, soutenus par le seuil des coûts. Il est recommandé aux acteurs du secteur de suivre de près l’évolution géopolitique et le rythme de déstockage des stocks au comptant, tout en utilisant de manière rationnelle les outils de couverture sur les contrats à terme afin de sécuriser les marges de production.



