11 décembre 2025
Points marquants
- L'Assemblée nationale du Vietnam a approuvé une interdiction d'exporter des minerais de terres rares non transformés à compter de janvier 2026.
- Toutes les terres rares sont classées comme actifs nationaux stratégiques sous contrôle exclusif de l'État.
- La loi modifiée exige que les entreprises étrangères investissent dans des installations de transformation locales ou s'associent à des opérateurs agréés par l'État.
- Cette mesure reflète l'ambition du Vietnam de passer de fournisseur de matières premières à acteur majeur en aval.
- Ce changement stratégique rappelle l'approche de l'Indonésie avec l'interdiction d'exporter du nickel.
- Le Vietnam se positionne comme un nouveau point de pression dans la chaîne d'approvisionnement mondiale des terres rares, dans un contexte de restrictions chinoises à l'exportation.
Un séisme législatif silencieux vient-il de se produire à Hanoï ? La décision du Vietnam d'interdire l'exportation de minerais de terres rares non transformés, approuvée cette semaine par l'Assemblée nationale, pourrait être l'évolution la plus importante de la chaîne d'approvisionnement que les analystes occidentaux n'ont pas encore pleurement assimilée.
Bien que présentée comme une mise à jour de la gouvernance nationale, la loi modifiée sur la géologie et les minéraux – qui entrera en vigueur le 1er janvier 2026 – redéfinit fondamentalement l'accès aux réserves de terres rares les plus prometteuses d'Asie du Sud-Est. Avec 3,5 millions de tonnes de ressources en terres rares, le Vietnam dispose de la sixième réserve mondiale, et l'État entend désormais garder cette richesse sous étroite surveillance.
Il ne s'agit pas seulement de nationalisme des ressources. C'est une stratégie.
Ce qu'il faut retenir
L'État comme architecte, gardien et partenaire
Révélé par , le Vietnam classera désormais toutes les terres rares comme actifs nationaux stratégiques, plaçant l'exploration, l'extraction et la transformation sous strict contrôle étatique. Seules les entreprises désignées par le gouvernement seront autorisées à exploiter les gisements ; les données géologiques seront gérées par l'État ; la production devra conformément au plan directeur national pour les terres rares ; et Hanoï maintiendra des réserves stratégiques de minéraux.
En surface, ces dispositions sont factuelles et totalement conformes à ce que rapportent Reuters et les médias régionaux. Pourtant, derrière cette précision se cache une ambition discrète mais indéniable : le Vietnam ne veut plus être simplement une escale dans la chaîne d'approvisionnement régionale de la Chine. La loi encourage explicitement la coopération internationale dans la transformation avancée, là où se trouvent les véritables profits et le levier géopolitique. Les terres rares n'ont pas de valeur dans les roches—elles sont précieuses pour l'expertise en séparation et fabrication d'aimants que la Chine monopolise.
Le Vietnam veut gravir les échelons, pas les alimenter.
Contexte mondial : Un nouveau point de pression pour la Chine et l'Occident
Pour les investisseurs dans les terres rares, le timing est notable. La Chine a imposé des interdictions d'exportation et des contrôles de licence sur le gallium, le germanium, le graphite et les matériaux clés pour les aimants. Le monde cherche des alternatives—et le Vietnam vient d'annoncer qu'il n'exportera plus du tout de minerai brut. Cela signifie que toute entreprise souhaitant s'approvisionner au Vietnam devra investir sur place ou s'associer à un opérateur agréé par l'État.
Ce n'est pas une désinformation ; cela correspond à des schémas historiques. Lorsque l'Indonésie a interdit l'exportation de nickel non transformé, les prix mondiaux et les chaînes d'approvisionnement du nickel ont changé du jour au lendemain. Le Vietnam semble adopter une stratégie similaire.
Mais la spéculation entre en jeu dans le cadre géopolitique : le Vietnam peut aspirer à devenir une puissance en amont, mais la construction d'usines de séparation, de lignes de métallisation et d'installations pour aimants nécessite des capitaux, une stabilité énergétique et du temps. Les investisseurs doivent observer si Hanoï peut vraiment passer de détenteur de minerai à concurrent dans la chaîne de valeur—ou si des partenaires étrangers domineront l'amont sous pavillon vietnamien.
À retenir pour les investisseurs : Une porte se ferme—mais une autre pourrait s'ouvrir
L'interdiction d'exportation du Vietnam limitera probablement la capacité des fabricants occidentaux à sécuriser du minerai brut bon marché, mais elle pourrait ouvrir une voie plus stratégique : des partenariats de raffinage localisés. Ce changement oblige les investisseurs à reconsidérer le Vietnam non pas comme une carrière, mais comme une juridiction de transformation potentielle—qui pourrait accueillir des partenaires, mais uniquement sur ses termes.
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Source : https://rareearthexchanges.com/news/vietnam-pulls-the-export-plug-a-new-gatekeeper-emerges-in-the-rare-earth-race/
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