La startup américaine d'électrolyseurs à membrane échangeuse d'anions (AEM), Power to Hydrogen (P2H2), a reçu une subvention de 900 000 € (environ 1,04 million de dollars) de l'Union européenne, provenant du Fonds européen de développement régional et attribuée par l'organisation flamande Flanders Innovation & Entrepreneurship (VLIO) en Belgique. Ce financement soutiendra la démonstration commerciale de sa technologie hybride AEM au port d'Anvers-Bruges, un pôle européen de l'hydrogène. Parallèlement, le français Air Liquide progresse sur un projet de production d'hydrogène par craquage de l'ammoniac dans le même port, créant des chaînes industrielles complémentaires « production-transport-distribution d'hydrogène vert ».
La compétitivité fondamentale de P2H2 réside dans sa technologie d'électrolyseur hybride AEM, qui allie le faible coût des électrolyseurs alcalins (ALK) aux hautes performances des électrolyseurs à membrane échangeuse de protons (PEM). L'AEM traditionnelle est confrontée à des problèmes tels que la dégradation oxydative de la membrane et l'instabilité des ionomères de l'anode. P2H2 relève ces défis avec une structure composite « membrane AEM + couche d'électrolyte liquide alcalin », compatible avec des catalyseurs non précieux. La densité de courant atteint 1,5–2 A/cm² (contre seulement 0,5–1 A/cm² pour les électrolyseurs alcalins traditionnels), avec une surtension anodique inférieure à 400 mV à 500 mA/cm². La consommation énergétique du système est réduite à moins de 4,5 kWh/Nm³-H₂, et les coûts des matériaux sont inférieurs de 40 % à 60 % à ceux de la PEM.
Concernant l'avancement du projet, P2H2 a finalisé un tour de financement de série A dépassant 18 millions de dollars en 2024 et a obtenu les premiers permis de préparation du site. Le permis environnemental final devrait être approuvé avant fin 2025. Le système « à l'échelle du mégawatt » initialement prévu, dont l'installation était programmée pour le quatrième trimestre 2024, a été reporté au premier trimestre 2026 en raison de retards d'approbation, les essais étant prévus pour le deuxième trimestre. Le système validera une stabilité opérationnelle de plus de 8 000 heures (avec un taux de dégradation ≤ 5 %), la réponse à des fluctuations de puissance de ±30 %/min, et des objectifs de maîtrise des coûts inférieurs à 2 millions d'euros par unité.
Ce projet constitue une étape cruciale dans l'industrialisation de la technologie AEM, fournissant des données opérationnelles réelles pour l'industrie mondiale. L'initiative de l'UE reflète sa stratégie hydrogène « technologiquement neutre », soutenant son objectif 2030 de 40 GW de capacité d'hydrogène vert. Pour P2H2, elle sert à la fois de plateforme de validation technologique et d'opportunité de pénétrer le marché européen, jetant les bases pour un financement et une mise à l'échelle ultérieurs. Ses progrès constitueront un indicateur important pour l'industrialisation mondiale de la technologie AEM.



