Les déclarations officielles du gouvernement chilien et les chiffres du commerce international laissent penser que les droits de douane sur l'importation de cuivre que les États-Unis envisagent d'imposer pourraient avoir des impacts graves.
Selon un rapport du client de CCTV News, le 9 juillet, heure locale, le président américain Trump a annoncé sur la plate-forme de médias sociaux « Truth Social » que les États-Unis imposeraient un droit de douane de 50 % sur le cuivre importé, à compter du 1er août 2025. Cette mesure découle d'une enquête de six mois menée par le Département du commerce américain sur le rôle du cuivre dans la sécurité nationale.
L'enquête a également évalué l'impact des approvisionnements étrangers sur l'industrie nationale. Le Chili, qui fournit environ 70 % des importations de cuivre des États-Unis en 2024, est au cœur de cette tempête commerciale.
L'année dernière, le Chili a exporté environ 646 000 tonnes métriques de cuivre vers les États-Unis, pour une valeur de plus de 6 milliards de dollars. Bien que la Chine reste le plus grand acheteur de cuivre du Chili, le marché américain est un canal d'exportation crucial en second lieu pour les producteurs chiliens de cuivre.
Les nouveaux droits de douane pourraient perturber ces flux commerciaux, mettant la pression sur les mineurs chiliens et soulevant des questions sur la stratégie commerciale du pays.
Les droits de douane américains ont déjà fait grimper les prix du cuivre à des niveaux historiques. Cette hausse des prix, qui a commencé plusieurs mois avant l'annonce officielle, reflète une combinaison de déficits réels d'approvisionnement et de transactions spéculatives.
Les importateurs américains se sont précipités pour acheter du cuivre avant la date limite des droits de douane. De janvier à avril 2025, les importations de cuivre aux États-Unis ont bondi de 461 000 tonnes métriques par rapport à la même période en 2024. Ce comportement d'achat anticipé indique que les participants au marché tentent d'éviter des coûts supplémentaires, mais cela suggère également des fluctuations potentielles dans les ajustements futurs des stocks à mesure que le nouveau contexte commercial se dessine.
Pour le Chili, le marché américain représente moins de 13 % des exportations totales de cuivre, mais l'impact des droits de douane va bien au-delà des simples volumes commerciaux. Les exportations de cuivre restent la plus grande source de recettes en devises du Chili, totalisant 50,86 milliards de dollars en 2024.
Les exportations affectées pourraient affaiblir le peso chilien, faire grimper les coûts locaux et réduire les recettes publiques. L'année dernière, la dette publique du Chili représentait 42 % du PIB, avec un déficit budgétaire de 2,9 %. Une baisse des recettes d'exportation de cuivre pourrait encore exacerber les pressions sur les finances publiques.
Les responsables chiliens et les dirigeants de l'industrie doivent désormais faire des choix stratégiques. Ils doivent évaluer les risques de perdre le marché américain par rapport aux opportunités d'explorer d'autres marchés, notamment en Asie et en Europe.
L'incertitude quant aux détails des droits de douane pourrait dissuader les nouveaux investissements dans le secteur minier chilien. La question des droits de douane sur le cuivre américain n'est pas seulement une question de politique commerciale. Elle concerne la manière dont les décisions d'un pays peuvent remodeler les chaînes d'approvisionnement mondiales, perturber les marchés établis et obliger les grands producteurs comme le Chili à repenser leurs stratégies.
Les mois à venir révèleront si le Chili s'adapte à ce nouvel environnement ou si les droits de douane laisseront des cicatrices durables sur son économie.
(Wenhua Comprehensive)




